Événement passé
Les événements d’exception passés sont différents des événements en différé, car ce sont des décès pour lesquels il y a eu mise en place du protocole et il est temps d’évaluer l’action avec recul. Cela peut se faire entre 8 et 15 semaines après l’événement.
Même si l’intensité de la situation diminue après quelques jours, il demeure essentiel de maintenir une vigilance et des actions de promotion de la santé mentale tout au long de l’année scolaire, et au-delà si le besoin se fait sentir.
Les élèves ayant exprimé des demandes d’aide, les jeunes identifiés comme plus fragiles, les intervenants impliqués ainsi que le personnel affecté doivent pouvoir sentir qu’un filet de sécurité demeure présent autour d’eux.
L’ensemble de la communauté scolaire mérite également cette attention, puisque certaines réactions peuvent apparaître ou s’intensifier avec le temps. Une présence soutenue et bienveillante permet de repérer plus tôt les besoins et d’offrir un accompagnement adapté.
Instructions à suivre afin d’évaluer la situation
La tendance générale est que quelques jours suivant un décès dans une école, le retour à la normale est espéré. Par contre, il faut être vigilant. Entretenir un silence ou faire comme si rien n’était arrivé ne permet pas d’accueillir les vraies séquelles ou conséquences de l’événement, car les premiers jours sont vifs en réactions et peu représentatifs des deuils possibles.
Voici comment aborder le sujet :
Communication par courriel aux enseignants
Voici un exemple de courriel qui pourrait être envoyé :
« Il y a 9 semaines, nous avons vécu ce que nous redoutions le plus dans notre quotidien habituellement calme : la mort de la jeune Catherine. Nous avons mis en place de nombreuses interventions et il est temps de prendre un moment d’arrêt et de discuter ensemble de ce que vous avez vécu lors de cet événement et de ce que vous vivez peut-être encore. Nous vous convions à une rencontre, notez qu’elle n’est pas obligatoire mais votre présence sera fortement appréciée. Votre comité d’urgence. »
Sondage aux élèves
Un sondage doit être remis aux élèves. Celui-ci est introduit par un de leurs enseignants au moment choisi par le comité d’urgence. Voici un exemple de ce qui peut être dit pour aborder le tout :
« Aujourd’hui, nous allons faire une activité spéciale. Nous allons prendre un moment pour remplir un nouveau sondage en lien avec la mort de Catherine. Il est important que vous réfléchissiez bien aux quelques questions qui vous sont adressées et, si vous avez besoin d’aide, svp écrivez votre nom. Si répondre ne vous intéresse pas, laissez le questionnaire vide, mais sachez que vos réponses sont extrêmement importantes pour nous. Nous voulons savoir comment vous allez à la suite de cet événement et nous souhaitons nous améliorer si un jour nous devons vivre à nouveau un événement comme cela. Merci beaucoup. »
Remettre au personnel le sondage #2
Sondage #2
Les élèves ont répondu au sondage #1 lors de l’événement. C’est maintenant le temps d’évaluer leurs réactions après plusieurs semaines afin d’assurer une surveillance auprès des plus vulnérables. Il est documenté dans la littérature que les jeunes sont plus susceptibles de cacher leurs émotions à l’école. Ils sont intimidés par leurs pairs. Le sondage écrit permet une meilleure communication du vécu. Il permettra de bien saisir l’évolution des émotions ainsi que leurs commentaires sur les interventions posées.
Il est important de permettre aux élèves et aux membres du personnel absents de répondre aussi à ce sondage.
Rencontre du personnel scolaire
Rencontrer tous les membres du personnel scolaire afin d’entendre comment ils se sentent maintenant, comment ils perçoivent les élèves et comment ils analysent les actions posées après ce temps. Cela permet de documenter l’action, de l’évaluer et de retenir les points forts, positifs ou négatifs de l’intérieur.