Rencontre du comité
Déterminer un poste de commandement
L’endroit est important, il doit être suffisamment au coeur de l’action mais demeurer assez confidentiel. Porte fermée, fenêtres voilées, c’est ici que le comité se retrouvera pour un peu de répit, pour discuter et pour prendre des décisions.
Définir les lieux de recueillement et d'interventions pour les jeunes
Deux types de lieux doivent être déterminés :
- Le lieu de recueillement : celui où les jeunes, sous la supervision d’un intervenant, pourront se retrouver ensemble pour échanger et pleurer en toute intimité.
- Les locaux d’interventions : ces locaux doivent être disponibles pour les jeunes qui désirent rencontrer un intervenant individuellement à la suite de l’annonce. Ces locaux doivent être bien identifiés.
Témoins
Les élèves ou membres du personnel qui ont été témoins de l’événement d’exception nécessitent un traitement différent car leur vécu est particulier et ils doivent être évalués avec vigilance.
N.B. – Il est important que le personnel ait accès à un lieu pour verbaliser. Ce lieu doit cependant être différent de celui attribué aux jeunes. À ce moment-ci, on ne mélange pas les adultes en réaction avec les jeunes. La salle du personnel devient souvent naturellement cet endroit, mais il faut aussi prévoir que des membres du personnel peuvent avoir besoin de ne pas être sans cesse exposés aux émotions de leurs collègues.
Contacter les ressources internes et externes
Si la situation dépasse vos capacités internes ou si vous ressentez le besoin d’un soutien spécialisé pour la gestion de l’événement, il est recommandé de faire appel à des ressources externes ayant l’expertise de ces contextes.
Vous pouvez notamment contacter Deuil-Jeunesse (1-855-889-3666), un Centre de prévention du suicide, un centre de crise ou les intervenants des CIUSSS/CISSS de votre région.
Le comité est en place pour s’assurer de la mise en action du protocole. Il devient un soutien pour toutes les ressources qui interviendront. Il attribue des rôles et des tâches aux membres du personnel. Pour ce faire, il faut dresser la liste du personnel de soutien dont on a besoin. C’est le moment de contacter les ressources nécessaires afin qu’elles se dirigent vers l’école en toute confidentialité.
Tant que l’annonce n’est pas faite aux jeunes, il faut user de vigilance. Il faut donc appeler le psychologue ou le technicien en éducation spécialisée absent aujourd’hui et même demander l’aide d’autres ressources ou écoles si on juge en avoir besoin. Aujourd’hui, mieux vaut trop demander et ajuster que de manquer de ressources.
Valider les informations
Police | informations justes et claires
Si les policiers sont interpellés lors de l’événement (ex. : accident, homicide, suicide), il est bon de s’assurer des éléments qui sont actuellement confirmés que vous pourrez divulguer et même des informations qui sont véhiculées par les policiers dans les médias. Avec les policiers, il est possible de décider d’un discours commun à utiliser. Par exemple, si un suicide n’est pas confirmé, on peut utiliser « apparence de suicide ».
Parents, famille et jeunes touchés
Même si cette étape est difficile, il est essentiel et respectueux de contacter les gens touchés directement par l’événement. Cela peut être, par exemple, le conjoint de l’enseignant décédé, la famille du jeune décédé, les jeunes très touchés qui fréquentent l’école, etc.
Un appel permet d’offrir du soutien, de l’écoute, d’entendre comment les personnes touchées perçoivent l’événement et d’informer sur les actions qui seront posées à l’école et des mots qui seront utilisés. Il est très important à ce stade-ci d’informer du rôle de l’école d’offrir du soutien à l’entièreté de la population scolaire et d’encadrer les rumeurs.
Offrir du soutien
Voici un exemple de ce qui peut être dit pour offrir votre soutien :
« Nous savons que vous vivez des moments difficiles et sachez que, si nous pouvons faire quoi que ce soit pour vous aider, nous tenterons de le faire. » Les mots manquent souvent devant la souffrance mais d’ouvrir la porte et de nommer votre présence est tout ce qu’il y a à faire en ce moment. Un second appel viendra plus tard.
Recueillir des informations
Cela peut paraître un peu intrusif de poser des questions, mais les informations sont cruciales. Rappelez-vous que vous devrez par la suite gérer des centaines voire même des milliers de réactions.
« Acceptez-vous de nous raconter ce qui s’est passé? Cela nous aidera à bien préparer et orienter nos interventions. »
Informer des actions et de l'annonce
À partir de ce que vous venez de recueillir comme informations et de celles que vous avez reçues antérieurement, il est temps d’annoncer à la famille ou même au jeune à qui vous parlez ce qui sera fait et dit à l’école. « Une annonce collective dans chaque classe se fera ce matin. Nous annoncerons que Paul est mort, mais que les circonstances sont encore nébuleuses, qu’une autopsie sera pratiquée. »
Si la famille résiste et ne veut pas qu’une annonce soit faite, il est important de comprendre que le décès n’est pas confidentiel et que l’école a la responsabilité de mettre en place les mesures nécessaires pour éviter les impacts des rumeurs, des non-dits et des interprétations découlant d’une mauvaise gestion. L’objectif est de sécuriser le milieu scolaire et de soutenir les personnes souffrantes. La désinformation alimente la contagion et le chaos.
Analyser les réseaux sociaux
Tout circule rapidement sur les réseaux sociaux, et ce, sans égard à la vérité. Il est important d’y porter une attention particulière et de lire ce qui y circule, car c’est la source d’informations des jeunes, des parents et des enseignants aussi. Lire les réseaux sociaux permet de prendre conscience de l’ampleur de l’événement et des réactions qui risquent d’émerger dans l’école.
Planifier les actions
Qui fait quoi?
Distribuer les tâches.
Gestion des médias
Le responsable des communications est chargé de cette gestion qui n’est pas toujours simple. Les événements d’exception attirent les médias. Il est important de contrôler leur présence, de les tenir loin des élèves, de leur attribuer une zone à respecter et surtout d’éviter qu’ils soient visibles avant l’arrivée des élèves.
Informer l’école
Élèves en classe
La gestion d’un événement d’exception n’est jamais parfaite. Parfois, l’événement se présente pendant une journée scolaire, une journée pédagogique ou pendant la nuit. Actuellement, les élèves sont-ils en classe?